Gaming

Qliphah in Providence’s Shadow

today21/09/2026 14

Arrière-plan
share close

Il y a des jeux qui cherchent à reproduire une formule qui fonctionne, et puis il y a ceux qui prennent le risque de proposer quelque chose de différent. Avec Qliphah in Providence’s Shadow, Arc System Works s’aventure sur un terrain assez éloigné de ses productions habituelles. Le studio, que l’on connaît notamment pour ses jeux de combat, nous propose ici un RPG mêlant enquête, science-fiction, horreur et combats tactiques. Une proposition plutôt intrigante sur le papier, mais qui doit surtout parvenir à transformer ses nombreuses idées en une expérience cohérente.

 

Une Tokyo qui a perdu ses repères

L’aventure nous emmène dans un Tokyo profondément transformé après l’apparition d’une mystérieuse catastrophe. Des créatures appelées Aberrations se manifestent désormais dans la ville et la frontière entre notre réalité et quelque chose de beaucoup plus inquiétant semble progressivement disparaître. Nous incarnons Soma Hoshigami, un jeune livreur dont la vie va basculer après une rencontre avec ces créatures. Son destin va rapidement être lié à celui de Rena Hizuki, une enquêtrice appartenant à une unité spécialisée de la police de Tokyo. À partir de là, l’histoire va progressivement nous entraîner dans une enquête mêlant notamment les Aberrations, les Stigmas et une mystérieuse drogue appelée Tiny True. Et c’est probablement l’un des aspects qui m’a le plus intéressé dans le jeu. Qliphah in Providence’s Shadow ne cherche pas simplement à nous envoyer combattre des monstres les uns après les autres.  Le titre veut installer un véritable mystère et nous donner envie de comprendre ce qui se cache derrière les événements que nous observons.L’ambiance joue énormément sur cette volonté de nous intriguer. On évolue dans une ville familière qui devient progressivement de plus en plus étrange, avec cette impression permanente que quelque chose ne tourne pas rond.

 

Une direction artistique qui possède sa propre identité

Visuellement, le jeu ne révolutionne pas le genre, mais il possède une véritable personnalité. Les personnages bénéficient d’une esthétique très inspirée de l’animation japonaise et les Aberrations permettent au titre de se démarquer avec des designs beaucoup plus inquiétants.Le mélange entre une Tokyo contemporaine et des éléments fantastiques fonctionne plutôt bien. On passe ainsi d’environnements relativement familiers à des situations beaucoup plus dérangeantes, ce qui permet au jeu de conserver une certaine identité.Ce n’est peut-être pas le RPG qui vous fera tomber de votre chaise techniquement, mais ce n’est pas forcément ce que l’on lui demande. L’intérêt se trouve davantage dans sa direction artistique et dans l’atmosphère qu’elle permet d’installer L’ensemble est accompagné d’un doublage japonais qui fonctionne bien et contribue à rendre les scènes narratives plus agréables à suivre. La présence des textes français est également une bonne chose, notamment pour un titre qui repose autant sur son histoire et ses dialogues.

Un système de combat qui cherche à sortir du traditionnel tour par tour

C’est évidemment au niveau des combats que Qliphah in Providence’s Shadow tente de faire quelque chose de différent. Le jeu repose sur un système baptisé « Tactical Counter-Timeline ». Derrière ce nom se cache une mécanique basée sur l’observation et l’anticipation. Une timeline permet de visualiser les différentes actions qui vont se produire. Le joueur doit donc non seulement réfléchir à son prochain mouvement, mais également surveiller ce que les ennemis s’apprêtent à faire. Les attaques sont associées à différentes couleurs et certaines peuvent être contrées grâce à la bonne réponse. L’idée est intéressante parce qu’elle transforme complètement notre manière d’aborder les affrontements. On ne se contente plus de choisir une attaque et d’attendre que le personnage l’exécute. Il faut observer, anticiper et parfois prendre quelques secondes supplémentaires pour comprendre la situation. Le système permet également de ralentir ou d’arrêter le temps afin d’avoir davantage de contrôle sur les événements Sur le papier, c’est une excellente idée.

Une mécanique qui ne conviendra pas à tout le monde

Dans la pratique, c’est probablement ici que les avis vont commencer à diverger. Le système de combat demande un certain temps d’adaptation. Il faut apprendre à lire la timeline, comprendre les différentes attaques et surtout prendre l’habitude d’anticiper les mouvements adverses. Une fois que l’on commence à maîtriser les mécaniques, les combats deviennent beaucoup plus intéressants. On a réellement la sensation de prendre des décisions plutôt que de simplement sélectionner des commandes dans un menu. Mais cette approche a également un défaut : le rythme. Certains affrontements peuvent donner une impression de lenteur, notamment lorsqu’on doit attendre l’action d’un adversaire pour pouvoir réagir correctement. Lorsque plusieurs ennemis sont présents simultanément, la lecture devient également plus compliquée. Entre les différentes actions, les couleurs et les informations affichées à l’écran, il faut parfois prendre quelques instants pour comprendre ce qui est réellement en train de se passer .Ce n’est donc pas un système destiné à ceux qui recherchent un RPG extrêmement nerveux. En revanche, pour les joueurs qui aiment analyser leurs combats et construire leur stratégie en fonction des actions adverses, le concept possède un réel intérêt.

L’enquête occupe une place importante

Heureusement, le jeu ne repose pas uniquement sur ses combats. L’exploration et l’enquête permettent de donner un peu de variété à l’aventure. On doit suivre différentes pistes, découvrir des informations sur les personnages et comprendre progressivement les événements qui ont conduit le monde dans cette situation. Cette dimension donne également davantage d’intérêt aux personnages. Soma et Rena ne sont pas simplement là pour nous permettre d’enchaîner les combats. Leur relation et leurs découvertes participent à la construction de l’histoire. Le système de Mystic Pass ajoute également une dimension supplémentaire à la progression, en permettant notamment de découvrir certains éléments ou récompenses au cours de l’aventure. Tout cela contribue à faire de Qliphah in Providence’s Shadow un jeu qui demande davantage au joueur que simplement avancer jusqu’au prochain combat.

Une aventure qui mise beaucoup sur son atmosphère

Ce que je retiendrai surtout de cette expérience, c’est son atmosphère. Le jeu possède cette volonté de créer un univers dans lequel on a envie de comprendre ce qui se passe. Les différentes informations distillées au fil de l’aventure permettent de maintenir une certaine curiosité. Ce n’est pas nécessairement un titre qui va tout nous expliquer immédiatement. Au contraire, il préfère parfois laisser planer le doute avant de dévoiler progressivement ses éléments narratifs. Cette approche fonctionne particulièrement bien lorsque l’ambiance et la mise en scène suivent. Et même si tout n’est pas parfait, il faut reconnaître au jeu une qualité importante : il possède une identité.

Tout n’est évidemment pas parfait. Le principal problème reste pour moi le rythme des combats. Le concept est intéressant, mais il peut donner l’impression de casser le rythme de l’aventure lorsque les affrontements s’enchaînent. La lisibilité peut également devenir problématique dans certaines situations, notamment lorsque plusieurs adversaires sont présents. On pourra également regretter que certains environnements manquent parfois de variété. Le jeu possède une direction artistique intéressante, mais certains décors peuvent donner une impression de répétition. Ce sont des défauts qui ne rendent pas l’expérience mauvaise pour autant, mais qui empêchent le titre d’être totalement convaincant sur tous les tableaux.

Conclusion

Qliphah in Providence’s Shadow est finalement un RPG assez difficile à classer. Il possède suffisamment de bonnes idées pour attirer l’attention, notamment grâce à son univers, son ambiance et surtout son système de combat qui cherche à proposer autre chose que le traditionnel tour par tour. Mais cette originalité constitue également sa principale faiblesse. Le système demande de l’investissement et son rythme particulier ne conviendra clairement pas à tous les joueurs. Personnellement, je trouve néanmoins intéressant qu’Arc System Works ait choisi de prendre ce risque. Dans un marché où les RPG peuvent parfois donner l’impression de recycler les mêmes mécaniques, Qliphah in Providence’s Shadow tente quelque chose. Et même si toutes ses idées ne fonctionnent pas parfaitement, cette volonté d’expérimenter mérite d’être soulignée. Si vous aimez les RPG japonais, les enquêtes, les univers mystérieux et les systèmes de combat qui demandent un minimum de réflexion, le titre peut clairement mériter votre attention. En revanche, si vous recherchez avant tout des affrontements rapides, extrêmement nerveux et immédiatement accessibles, l’expérience risque de vous demander davantage de patience.

 

Écrit par: Warmelin

Rate it

Articles similaires

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse


Le magazine & la webradio
de la culture manga, anime,
gaming et pop culture japonaise.

🌐 SUIVEZ-NOUS
🎧 ÉCOUTEZ-NOUS