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My Hero Academia All’s Justice

today09/02/2026 5

Arrière-plan
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Après deux épisodes One’s Justice qui avaient posé des bases solides sans jamais totalement convaincre au-delà du cercle des fans, My Hero Academia: All’s Justice arrive avec une promesse claire : être l’aboutissement vidéoludique de l’œuvre de Kohei Horikoshi. Sorti dans un contexte particulier, alors que le manga et l’anime approchent de leur conclusion, le jeu se présente comme la synthèse ultime de ce que la licence peut offrir en matière de jeu de combat en arène. Développé une nouvelle fois par Byking, All’s Justice ne cherche plus à séduire timidement. Il assume pleinement son statut de jeu fan-service, mais tente cette fois d’y greffer une vraie ambition ludique. Reste une question centrale : est-on face à une simple itération de plus, ou à la meilleure adaptation My Hero Academia à ce jour ?

Un mode Histoire plus sombre, plus impliqué

Là où One’s Justice et sa suite se contentaient souvent de résumer les arcs majeurs de manière fonctionnelle, All’s Justice franchit un cap. Le mode Histoire s’ancre clairement dans l’arc de la guerre finale, avec une mise en scène plus travaillée et un ton nettement plus grave. Le joueur n’incarne plus seulement les héros dans une logique manichéenne. Le scénario adopte une structure alternée, permettant de vivre les événements du point de vue des héros comme des vilains, donnant plus de profondeur à certains antagonistes souvent réduits à leur rôle de punching-ball dans les précédents jeux. Les cinématiques, bien que toujours réalisées avec le moteur du jeu, gagnent en intensité. Les dialogues sont mieux rythmés, les enjeux mieux posés, et certaines confrontations clés bénéficient d’une mise en scène réellement impactante. Sans atteindre le niveau narratif d’un jeu d’aventure, All’s Justice parvient enfin à donner du poids émotionnel aux combats, ce qui change radicalement l’implication du joueur.

Le 3v3 : une vraie évolution du gameplay

C’est sans conteste le cœur de l’expérience. All’s Justice abandonne définitivement le 1v1 pur pour s’articuler autour de combats en équipe de trois personnages, dans des arènes toujours destructibles mais désormais pensées pour le jeu collectif.

Chaque combat devient une question de gestion :

  • quand changer de personnage,

  • comment enchaîner les combos,

  • quel héros garder en soutien,

  • quand déclencher les capacités ultimes.

Le système de swap à la volée apporte un rythme bien plus nerveux que par le passé. Les transitions sont rapides, souvent spectaculaires, et permettent des enchaînements visuellement impressionnants sans pour autant être totalement automatiques. Les joueurs les plus techniques y trouveront une vraie marge de progression, tandis que les novices pourront s’appuyer sur des mécaniques plus accessibles. ‘L’ajout des jauges Rising et Ultimate Rising donne une dimension stratégique supplémentaire. Ces états temporaires transforment littéralement le combat, renforçant les attaques, modifiant certaines compétences et donnant lieu à des finishers dignes des moments les plus marquants de l’anime. Bien utilisés, ils peuvent retourner une situation mal engagée, mais leur gestion demande anticipation et sang-froid.

Un roster massif, mais globalement bien exploité

Avec un casting impressionnant, All’s Justice s’impose comme le jeu My Hero Academia le plus généreux jamais proposé. Héros professionnels, élèves de Yuei, vilains emblématiques et formes évoluées se côtoient dans une sélection qui donne parfois le vertige.

Mais l’important n’est pas le nombre, c’est la différenciation. Et sur ce point, le jeu fait mieux que ses prédécesseurs. Chaque personnage possède :

  • un style de combat identifiable,

  • une mobilité spécifique,

  • une utilisation unique de son Alter.

Deku n’a évidemment rien à voir avec Bakugo, Todoroki ou Shigaraki, et même au sein d’un même archétype, les sensations diffèrent suffisamment pour éviter l’effet “copié-collé”. Certains personnages demandent une vraie maîtrise, notamment ceux orientés zoning ou soutien, tandis que d’autres favorisent une approche plus frontale. Cela dit, un roster aussi vaste implique forcément des déséquilibres. Certains personnages dominent clairement les affrontements en ligne, tandis que d’autres peinent à trouver leur place hors du jeu solo. Rien de dramatique, mais les joueurs compétitifs le remarqueront rapidement.

Des modes annexes bienvenus, sans révolution

En dehors du mode Histoire et du versus classique, All’s Justice propose plusieurs modes supplémentaires qui, sans être révolutionnaires, enrichissent l’ensemble. Le Team-Up Mission, par exemple, permet d’enchaîner des défis scénarisés en équipe, avec une progression légère et quelques objectifs secondaires. Ce mode apporte une respiration bienvenue entre deux combats compétitifs, même s’il montre ses limites sur la durée. Les Archives Battle, quant à elles, permettent de revivre des affrontements emblématiques de la licence, avec parfois des conditions spécifiques. Un clin d’œil assumé aux fans, qui trouveront là un excellent moyen de replonger dans les moments forts de la saga. On regrettera toutefois l’absence d’un mode réellement innovant ou d’une dimension plus “gestion” ou “simulation” de la vie à Yuei. Le jeu reste avant tout centré sur le combat pur, parfois au détriment de la richesse de son univers.

Une direction artistique fidèle, mais sans prise de risque

Visuellement, All’s Justice ne surprend pas, mais rassure. Le style anime est respecté, les effets de pouvoirs sont spectaculaires, et les combats gagnent en lisibilité par rapport aux opus précédents. Les explosions, les impacts et les finishers donnent souvent l’impression de jouer un épisode interactif de l’anime. Les arènes, bien que destructibles, restent en revanche assez classiques. Certaines manquent de personnalité et finissent par se ressembler après plusieurs heures de jeu. Techniquement, le titre est solide, avec une fluidité constante et peu de ralentissements, même lors des affrontements les plus chaotiques. Côté bande-son, le travail est efficace sans être mémorable. Les thèmes accompagnent bien l’action, mais rares sont ceux qui marquent durablement l’esprit.

Une expérience pensée pour les fans… mais pas uniquement

Là où All’s Justice se distingue réellement, c’est dans son équilibre entre accessibilité et profondeur. Le jeu peut être pris en main rapidement, mais récompense clairement l’investissement sur le long terme. Les fans de l’œuvre y trouveront une lettre d’amour assumée, tandis que les amateurs d’arena fighters découvriront un système plus riche que la moyenne du genre. Cependant, ceux qui ne connaissent pas l’univers de My Hero Academia risquent de passer à côté de certaines subtilités narratives et émotionnelles. Le jeu ne cherche pas à expliquer son monde : il suppose que le joueur est déjà familier avec ses enjeux et ses personnages.

Conclusion

My Hero Academia: All’s Justice n’est pas un jeu parfait. Il souffre de quelques déséquilibres, d’une répétitivité possible sur la durée et d’un manque d’audace dans ses modes annexes. Mais il réussit l’essentiel : offrir l’adaptation la plus complète, la plus intense et la plus respectueuse de la licence. C’est un jeu qui comprend enfin ce que les fans attendaient depuis le début : des combats spectaculaires, une vraie montée en puissance, et un sentiment d’aboutissement. Sans révolutionner le genre, All’s Justice s’impose comme la référence My Hero Academia sur console et PC

Écrit par: Warmelin

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