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Après Le Château dans le ciel, le Studio Ghibli va connaître une année 1988 particulièrement importante.
Cette fois, le studio ne prépare pas un, mais deux longs-métrages en même temps : Mon voisin Totoro, réalisé par Hayao Miyazaki, et Le Tombeau des lucioles, réalisé par Isao Takahata.
Les deux films sortiront le 16 avril 1988, dans le cadre d’un même programme au cinéma. Une situation assez exceptionnelle dans l’histoire du studio.
Et parmi ces deux œuvres se trouve un personnage qui va devenir, avec le temps, le véritable symbole du Studio Ghibli : Totoro.
Mon voisin Totoro raconte l’histoire de Satsuki et Mei, deux sœurs qui emménagent avec leur père dans une vieille maison située à la campagne.
Leur mère est hospitalisée et doit rester sous surveillance médicale. La famille se rapproche donc de l’hôpital afin de pouvoir lui rendre visite plus facilement.
Dans leur nouvelle maison, les deux filles découvrent rapidement un environnement complètement différent de celui qu’elles connaissaient.
La campagne devient alors leur terrain de jeu.
Et surtout, quelque chose d’étrange semble habiter les bois voisins…
C’est Mei, la plus jeune des deux sœurs, qui découvre la première ces mystérieuses créatures.
Après avoir suivi deux petites créatures dans la forêt, elle tombe sur un immense être installé dans une sorte de tanière.
Elle lui demande son nom.
Dans son langage d’enfant, elle comprend qu’il s’appelle…
Le personnage devient immédiatement l’un des éléments les plus mémorables du film.
Totoro n’est pourtant pas présenté comme un personnage traditionnel qui parle énormément ou explique son histoire.
Il est plutôt une présence mystérieuse de la forêt, liée à l’imagination, à la nature et au monde de l’enfance.
Parmi les scènes les plus célèbres du film, impossible de ne pas citer celle de l’arrêt de bus.
Satsuki attend son père sous la pluie.
Puis Totoro arrive à côté d’elle.
La scène est extrêmement simple : pas besoin d’un grand combat ou d’une aventure spectaculaire.
Un arrêt de bus.
De la pluie.
Un parapluie.
Et Totoro.
Cette séquence va devenir l’une des images les plus reconnaissables de l’histoire de l’animation japonaise.
Contrairement à Le Château dans le ciel, Mon voisin Totoro n’est pas construit comme une grande aventure remplie d’ennemis et de combats.
Le film s’intéresse davantage aux petits moments de la vie quotidienne.
Les promenades.
La découverte de la maison.
Les jeux des enfants.
La nature.
Les visites à l’hôpital.
Les rencontres avec les créatures de la forêt.
Miyazaki crée ainsi un film où l’imaginaire des enfants se mélange naturellement au monde réel.
Et c’est probablement l’une des grandes forces de Totoro : le film ne cherche pas constamment à expliquer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.
Comme pour Le Château dans le ciel, la musique est confiée à Joe Hisaishi.
La chanson principale, « Sanpo », est interprétée par Azumi Inoue, tandis que la chanson du générique de fin, « Tonari no Totoro », est également interprétée par la chanteuse. Le Studio Ghibli confirme Hisaishi comme compositeur et Inoue comme interprète des chansons du film.
La musique accompagne parfaitement l’atmosphère du film : joyeuse, mystérieuse et parfois plus mélancolique.
Elle participe énormément à cette impression de retrouver un souvenir d’enfance.
Avec Totoro, Miyazaki privilégie énormément l’observation et les détails du quotidien.
Les mouvements des personnages, les paysages, les arbres, la pluie ou encore les petits gestes de Satsuki et Mei donnent au film une sensation très naturelle.
Il ne s’agit pas seulement de montrer un monde fantastique.
Il s’agit de rendre le monde réel suffisamment beau pour que le fantastique puisse y apparaître naturellement.
Sous ses airs de film pour enfants, Mon voisin Totoro aborde également des sujets plus sensibles.
La maladie de la mère est présente durant toute l’histoire.
Satsuki doit parfois prendre une place de grande sœur particulièrement importante pour Mei.
La peur de perdre un parent est donc présente en arrière-plan, même si le film ne la traite jamais de manière excessivement dramatique.
Miyazaki préfère montrer comment les enfants vivent ces événements à travers leur imagination et leur quotidien.
À sa sortie, Mon voisin Totoro n’est pas immédiatement le phénomène mondial que l’on connaît aujourd’hui.
Mais le film reçoit rapidement une reconnaissance importante au Japon.
En 1989, il remporte notamment le prix du meilleur film aux Kinema Junpo Awards ainsi que le prix du meilleur film aux Mainichi Film Awards. Il reçoit également un prix spécial aux Blue Ribbon Awards.
Avec les années, sa popularité va continuer à grandir.
Le personnage de Totoro va progressivement devenir beaucoup plus qu’un simple personnage de film.
Aujourd’hui, il est impossible de parler du Studio Ghibli sans penser à Totoro.
Le personnage est devenu l’une des figures emblématiques du studio, présent sur de nombreux produits dérivés, livres, affiches et supports liés à Ghibli.
Et son apparence immédiatement reconnaissable a largement contribué à cette popularité.
Mais ce qui est intéressant, c’est que Totoro n’est pas conçu comme un héros traditionnel.
Il ne sauve pas le monde.
Il ne combat pas un grand méchant.
Il ne cherche pas à conquérir quoi que ce soit.
Il représente plutôt la magie de l’enfance et le lien avec la nature.
Avec Mon voisin Totoro, Hayao Miyazaki démontre qu’un film d’animation peut raconter une histoire très simple tout en provoquant énormément d’émotions.
Pas besoin d’un immense scénario rempli de rebondissements.
Deux enfants.
Une maison.
Une forêt.
Quelques créatures mystérieuses.
Et beaucoup d’imagination.
C’est justement cette simplicité qui a permis au film de traverser les générations.
Et près de quarante ans après sa sortie, Totoro reste l’un des personnages les plus immédiatement associés au Studio Ghibli.
Mon voisin Totoro est probablement l’un des films qui représente le mieux la magie propre au cinéma de Miyazaki.
C’est un film doux, drôle et parfois mélancolique, qui prend le temps de montrer l’enfance sans chercher à la rendre artificiellement spectaculaire.
Et surtout, il prouve quelque chose d’important : un film peut être profondément marquant sans avoir besoin d’un grand méchant ou d’une énorme bataille finale.
Avec Totoro, Ghibli tient son premier véritable personnage devenu icône.
Mais en cette année 1988, le studio vient également de sortir un film complètement différent…
Un film beaucoup plus sombre.
Et notre prochaine chronique sera donc consacrée à Isao Takahata et au Tombeau des lucioles.
Écrit par: animix
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