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Après la création du Studio Ghibli en 1985, le jeune studio doit maintenant faire ses preuves.
Pour son premier long-métrage officiellement produit sous le nom de Ghibli, Hayao Miyazaki choisit de nous emmener dans les airs, à la recherche d’une mystérieuse cité légendaire.
Ce film, c’est Le Château dans le ciel (Tenkū no Shiro Rapyuta).
Le Château dans le ciel sort au Japon le 2 août 1986.
Hayao Miyazaki en signe la réalisation et le scénario. Isao Takahata participe à la production, tandis que Joe Hisaishi compose la musique. Le film devient ainsi la première véritable production cinématographique du Studio Ghibli.
Après le succès de Nausicaä de la Vallée du Vent, réalisé avant la création officielle de Ghibli, le nouveau studio doit maintenant montrer qu’il peut exister par lui-même.
Et Miyazaki ne va pas choisir une petite histoire.
Il imagine une immense aventure mêlant pirates, technologie, nature et cité volante.
L’histoire commence avec Sheeta, une jeune fille mystérieuse poursuivie par des agents gouvernementaux et des pirates.
Elle possède autour du cou une étrange pierre qui possède un pouvoir particulier.
Alors qu’elle tente d’échapper à ses poursuivants, Sheeta tombe du ciel.
Elle est sauvée par Pazu, un jeune garçon qui travaille dans une ville minière.
Pazu a lui-même un rêve : retrouver la mystérieuse cité volante que son père avait autrefois aperçue dans le ciel.
Son père avait même rapporté une photographie de cette cité.
Mais personne ne croit réellement à son histoire.
Pour Pazu, cette rencontre avec Sheeta va pourtant tout changer.
Le mystère tourne autour d’une légende : Laputa, une gigantesque cité flottant quelque part au-dessus des nuages.
Cette cité aurait été construite par une civilisation extrêmement avancée.
Ses habitants auraient maîtrisé une technologie capable de faire voler d’immenses machines et de contrôler une puissance considérable.
La pierre que possède Sheeta semble justement être liée à cette civilisation.
Pazu et Sheeta vont donc partir à la recherche de Laputa.
Mais plusieurs personnes convoitent également le secret de la cité.
Et certaines ne souhaitent pas simplement découvrir ses trésors.
Parmi les personnages les plus mémorables du film se trouve Dola, la chef d’une bande de pirates du ciel.
Avec son équipage, elle poursuit d’abord Sheeta et Pazu pour mettre la main sur la pierre.
Mais Dola est loin d’être une méchante traditionnelle.
Son caractère énergique et celui de son équipage apportent énormément d’humour au film.
Et leur relation avec Pazu et Sheeta va progressivement évoluer au fil de l’aventure.
C’est déjà une particularité importante du cinéma de Miyazaki : les personnages peuvent changer de rôle et ne sont pas forcément enfermés dans la catégorie « gentil » ou « méchant ».
L’une des images les plus célèbres du film reste celle des robots de Laputa.
Ces gigantesques machines sont capables de voler et disposent d’une puissance impressionnante.
Mais Miyazaki leur donne également une dimension beaucoup plus douce.
Le robot que rencontre Sheeta semble particulièrement lié à la nature et aux animaux.
Cette opposition entre une technologie extrêmement puissante et une nature capable de reprendre ses droits traverse une grande partie du film.
Et elle deviendra également un thème que l’on retrouvera régulièrement dans l’œuvre de Miyazaki.
Derrière son histoire de pirates et de trésor légendaire, Le Château dans le ciel parle du pouvoir et de la technologie.
Laputa possède une puissance extraordinaire.
Mais cette puissance peut devenir extrêmement dangereuse lorsqu’elle est utilisée uniquement pour dominer ou détruire.
Miyazaki oppose donc deux visions :
D’un côté, la technologie et la puissance militaire.
De l’autre, la nature et la volonté de vivre en harmonie avec elle.
Le film pose ainsi une question simple :
La musique joue également un rôle essentiel.
Pour cette première grande aventure de Ghibli, Miyazaki retrouve Joe Hisaishi, qui avait déjà composé la musique de Nausicaä de la Vallée du Vent.
Sa bande originale accompagne aussi bien les scènes d’action que les passages plus contemplatifs.
La collaboration entre Miyazaki et Hisaishi commence alors à devenir l’une des grandes signatures musicales du cinéma de Ghibli.
À sa sortie, Le Château dans le ciel attire environ 775 000 spectateurs au Japon.
Ce résultat reste inférieur à celui de Nausicaä, qui avait dépassé les 900 000 entrées, mais le film permet au jeune studio de poursuivre son développement. Le propre historique de Ghibli revient sur cette période et sur les débuts encore fragiles du studio.
Ghibli n’est donc pas encore le géant de l’animation que nous connaissons aujourd’hui.
Mais son identité commence déjà à apparaître.
Un monde fantastique.
Des enfants au cœur de l’histoire.
Des machines extraordinaires.
Une nature omniprésente.
Et surtout, une histoire qui peut être appréciée par les enfants tout en proposant des thèmes beaucoup plus sérieux aux adultes.
Avec Le Château dans le ciel, le Studio Ghibli réussit donc son entrée dans le monde du long-métrage.
Le film va poser plusieurs bases de ce qui deviendra l’identité du studio et de Hayao Miyazaki.
Mais l’aventure ne fait que commencer.
Deux ans plus tard, Ghibli va prendre un pari encore plus impressionnant : sortir deux longs-métrages quasiment simultanément.
L’un sera signé Hayao Miyazaki.
L’autre par Isao Takahata.
Et ces deux films vont devenir deux œuvres majeures de l’histoire de l’animation japonaise.
La prochaine étape de notre rétrospective sera donc consacrée à Mon voisin Totoro, l’un des personnages qui deviendra rapidement le symbole même du Studio Ghibli.
Écrit par: animix
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