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AnimKids
Il y a des voix que l’on reconnaît immédiatement.
Parfois, on ne connaît même pas le visage de celui ou celle qui chante.
Mais quelques notes suffisent pour faire revenir toute une époque.
Pour toute une génération de téléspectateurs, la voix de Bernard Denimal est indissociable des dessins animés japonais qui ont accompagné les années 1980 et le début des années 1990.
Bernard Denimal est décédé le 12 septembre 2026 à Épinay-sur-Orge. Une disparition qui passe peut-être relativement discrètement dans l’actualité, mais qui mérite pourtant d’être saluée par tous ceux qui ont grandi devant les programmes jeunesse de cette époque.
Car derrière plusieurs génériques que nous avons chantés sans forcément savoir qui les interprétait se trouvait justement sa voix.
Bernard Denimal était avant tout un chanteur et musicien.
Il avait commencé très jeune en formant un groupe de rock avec des amis, avant de partir aux États-Unis où il connaît une première expérience professionnelle avec son groupe The Dice.
De retour en France, il s’oriente notamment vers le secteur de la publicité.
C’est finalement son amitié avec le compositeur Gérard Salesses qui va l’amener vers un univers complètement différent : celui des génériques de dessins animés.
Une rencontre qui va changer une partie de sa carrière.
Au milieu des années 1980, les génériques de dessins animés deviennent de véritables chansons.
Les productions françaises adaptent les séries japonaises pour le public français et leur donnent souvent de nouveaux génériques.
Chez AB Productions, Gérard Salesses compose de nombreuses musiques et Bernard Denimal est appelé à les interpréter.
Il enregistre alors rapidement plusieurs chansons destinées aux dessins animés et aux produits dérivés du groupe.
Dans un témoignage publié par Dorothée Magazine, Bernard Denimal racontait lui-même que les séances d’enregistrement pouvaient être très rapides : plusieurs chansons pouvaient être enregistrées au cours d’une même après-midi.
Une véritable usine à génériques.
Et parmi toutes ces chansons, certaines vont rester dans la mémoire des téléspectateurs pendant plusieurs décennies.
Impossible de parler de Bernard Denimal sans parler de Ken le Survivant.
Son interprétation du générique français fait aujourd’hui partie des souvenirs les plus reconnaissables de cette période.
« Ken, survivant de l’enfer… »
Quelques mots suffisent encore aujourd’hui à faire revenir immédiatement l’image de Ken marchant dans ce monde post-apocalyptique.
Le générique français est crédité à Bernard Denimal et sort commercialement en 1989 chez AB Productions.
Et ce générique avait quelque chose de particulièrement énergique.
Dans son témoignage, Bernard Denimal expliquait d’ailleurs garder un souvenir particulier de l’enregistrement de Ken le Survivant, qu’il décrivait comme le morceau le plus remuant et le plus rythmé de cette série de génériques.
Ironie de l’histoire : personne, au moment de l’enregistrement, ne pouvait imaginer à quel point le dessin animé allait devenir un sujet de controverse en France à cause de sa violence.
Mais Ken n’était évidemment pas son seul générique.
Bernard Denimal a également interprété le générique français de Dr Slump, l’anime adapté du manga d’Akira Toriyama.
Et là encore, il participe à cette étrange époque où les enfants français découvrent progressivement des productions japonaises qui vont devenir cultes.
Aralé, son univers complètement déjanté et son humour particulier deviennent familiers à toute une génération.
Bernard Denimal prête sa voix à cette aventure musicale française.
Autre grand titre de son parcours :
Galaxy Express 999.
Là encore, sa voix accompagne un anime japonais qui possède une identité musicale très forte.
Le générique français de la série est interprété par Bernard Denimal en 1988.
Et lorsqu’on regarde aujourd’hui cette liste, on réalise finalement l’importance du patrimoine qu’il a contribué à construire.
Ken le Survivant.
Dr Slump.
Galaxy Express 999.
Et également Cherry Miel.
Quatre univers très différents, mais réunis par une même voix.
Avec Cherry Miel, Bernard Denimal retrouve encore une fois l’univers de l’animation japonaise.
Le générique français est enregistré en 1988.
Une nouvelle fois, son interprétation vient accompagner une série qui sera découverte par les téléspectateurs français dans cette grande période d’explosion des dessins animés japonais à la télévision.
À l’époque, ces génériques pouvaient sembler être de simples chansons destinées à lancer un dessin animé.
Mais avec le recul, ils sont devenus de véritables capsules temporelles.
Il y a quelque chose d’assez touchant dans le témoignage laissé par Bernard Denimal.
Il expliquait lui-même qu’il n’avait pas particulièrement cherché la gloire grâce à ces chansons.
Il avait enregistré beaucoup de titres dans un contexte professionnel assez rapide et certains n’avaient même pas toujours été correctement crédités sur les disques ou les cassettes.
Il poursuivait ensuite sa carrière dans la publicité.
D’après Planète Jeunesse, il quitte AB Productions en 1989 et continue à travailler dans ce secteur avant de prendre sa retraite en 2006.
Autrement dit, contrairement à certains artistes devenus immédiatement identifiés à leurs génériques, Bernard Denimal était resté relativement discret.
Mais sa voix, elle, était restée.
C’est peut-être là toute la particularité de Bernard Denimal.
Beaucoup de personnes qui ont grandi dans les années 1980 ne connaissent pas forcément son nom.
Elles connaissent pourtant sa voix.
Elles ont peut-être chanté son générique de Ken le Survivant.
Elles ont peut-être regardé Dr Slump.
Elles ont peut-être découvert Galaxy Express 999 ou Cherry Miel.
Et elles ont certainement entendu ces génériques des dizaines, voire des centaines de fois.
C’est le paradoxe de nombreux chanteurs de génériques.
Leur visage reste parfois inconnu.
Leur nom disparaît des mémoires.
Mais leur voix reste enfermée quelque part dans les souvenirs d’enfance.
Bernard Denimal appartient pleinement à cette génération d’artistes qui ont participé, souvent dans l’ombre, au phénomène des dessins animés du Club Dorothée.
À cette époque, un générique pouvait devenir presque aussi important que le dessin animé lui-même.
On attendait les premières notes.
On chantait devant la télévision.
On essayait de retenir les paroles.
Puis, quelques minutes plus tard, le dessin animé commençait.
Aujourd’hui, avec les plateformes de streaming et les génériques souvent beaucoup plus courts, cette relation avec une chanson d’ouverture a changé.
À l’époque, ces morceaux faisaient véritablement partie de notre enfance.
La disparition de Bernard Denimal intervient alors que nous sommes justement en train de revenir, dans notre saga, sur toutes ces anciennes émissions jeunesse.
Et quelque part, son décès vient rappeler une chose essentielle.
Derrière les émissions que nous avons aimées, il y avait énormément de personnes.
Des animateurs.
Des comédiens.
Des doubleurs.
Des musiciens.
Des auteurs.
Des compositeurs.
Des techniciens.
Des personnes dont les noms n’étaient parfois jamais connus du grand public.
Bernard Denimal faisait partie de ces voix.
Aujourd’hui, il ne reste malheureusement plus que les enregistrements.
Mais ces enregistrements sont toujours là.
On peut encore entendre sa voix.
On peut encore écouter ses génériques.
Et surtout, on peut encore voir les images qui accompagnaient ces chansons.
Ken le Survivant.
Dr Slump.
Galaxy Express 999.
Cherry Miel.
Des titres qui appartiennent désormais à l’histoire de l’animation japonaise à la télévision française.
Bernard Denimal n’était peut-être pas une star au sens traditionnel du terme.
Mais il a participé à quelque chose de beaucoup plus grand : la bande-son d’une génération.
Une génération qui attendait son mercredi.
Une génération qui enregistrait parfois les génériques sur cassette.
Une génération qui connaissait les paroles par cœur.
Une génération qui a grandi avec le Club Dorothée.
Alors aujourd’hui, même si son nom est peut-être moins connu que ceux de certains animateurs ou chanteurs de cette époque, il mérite que l’on se souvienne de lui.
Parce qu’une voix peut disparaître…
mais une chanson d’enfance ne meurt jamais vraiment.
Merci Bernard Denimal.
Et quelque part, dans un vieux téléviseur imaginaire des années 1980, le générique vient de commencer.
Ken, survivant de l’enfer…
Et nous voilà repartis pour quelques minutes dans nos souvenirs.
Écrit par: animix
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