play_arrow
AnimKids
Sorti en 2020 au Japon — Réalisé par Gorō Miyazaki
Depuis ses débuts, le Studio Ghibli est associé à l’animation traditionnelle dessinée à la main, à ses décors minutieux et à ses personnages expressifs. Pourtant, en 2020, le studio surprend le public avec Aya et la Sorcière, un long-métrage qui prend une direction visuelle radicalement différente.
Réalisé par Gorō Miyazaki, fils de Hayao Miyazaki, le film est adapté du roman Earwig and the Witch de Diana Wynne Jones, également connue pour avoir écrit Le Château de Hurle, à l’origine du Château ambulant.
Présenté en 2020, puis sorti au cinéma au Japon en 2021, ce film est le premier long-métrage du studio entièrement réalisé en animation 3D par ordinateur.
Une petite révolution pour une maison qui a construit sa réputation sur la beauté du dessin traditionnel !
L’histoire nous présente Aya, une jeune fille qui a grandi dans un foyer pour enfants. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, elle ne rêve pas forcément d’être adoptée. Elle apprécie sa vie, sait se faire écouter et possède un caractère bien affirmé.
Mais son quotidien change lorsqu’un étrange couple décide de l’adopter. Bella Yaga, une sorcière au tempérament autoritaire, et Mandrake, un homme mystérieux, l’emmènent vivre dans une grande maison remplie de secrets.
Aya découvre rapidement que sa nouvelle tutrice ne l’a pas accueillie par pure bonté. La sorcière a besoin d’une assistante pour l’aider dans ses travaux magiques.
La jeune fille se retrouve alors confrontée à un environnement étrange, rempli de potions, de sortilèges et de créatures inquiétantes. Mais Aya n’est pas du genre à se laisser faire. Elle va chercher à comprendre les secrets de la maison et à retourner la situation à son avantage.
Aya possède une personnalité qui la distingue de nombreuses héroïnes de films fantastiques. Elle est maligne, déterminée et sait utiliser son intelligence pour obtenir ce qu’elle veut.
Plutôt que de subir passivement sa nouvelle situation, elle observe son entourage, cherche les failles de ses adversaires et élabore ses propres stratégies.
Cette approche apporte une touche d’humour au récit. Aya n’est pas une héroïne parfaite : elle peut être manipulatrice, têtue et parfois franchement agaçante. Mais c’est aussi ce qui fait son originalité.
Le film joue ainsi avec les codes du conte de sorcières. La jeune fille ne cherche pas simplement à s’échapper : elle veut comprendre les règles du monde dans lequel elle vient d’entrer et apprendre à s’en servir.
C’est évidemment l’élément qui a le plus fait parler lors de la présentation du film.
Les personnages possèdent des volumes, des textures et des mouvements qui s’éloignent du style traditionnel des grands classiques de Ghibli. Les cheveux, les vêtements et les expressions sont travaillés dans un univers entièrement modélisé en trois dimensions.
Cette technique permet de nouvelles possibilités de mise en scène, mais elle modifie aussi les sensations habituellement associées au studio.
Certains spectateurs apprécient cette volonté d’expérimenter. D’autres regrettent le charme du dessin à la main, les lignes irrégulières et cette impression de peinture vivante que l’on retrouve dans Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké ou Le Voyage de Chihiro.
Le débat est compréhensible : le style visuel fait partie intégrante de l’identité de Ghibli.
Pour autant, essayer une nouvelle technique ne signifie pas forcément renoncer à son héritage. Aya et la Sorcière représente surtout une tentative de renouvellement, avec des résultats qui divisent davantage que ceux des œuvres les plus célèbres du studio.
L’univers du film possède de nombreux ingrédients intéressants : une maison mystérieuse, une sorcière exigeante, des expériences magiques et une héroïne qui refuse de se laisser dominer.
Le duo formé par Bella Yaga et Mandrake apporte également une atmosphère singulière. Leurs comportements parfois inquiétants laissent planer un doute sur leurs intentions.
Cependant, le récit reste relativement court et certaines pistes auraient mérité d’être davantage développées. L’histoire donne parfois l’impression de s’arrêter alors que l’on commence seulement à mieux comprendre ses personnages et leurs relations.
C’est l’une des principales limites du film : son univers donne envie d’en découvrir plus, mais il ne prend pas toujours le temps d’explorer toutes ses possibilités.
Même s’il ne fait pas l’unanimité, Aya et la Sorcière occupe une place particulière dans la filmographie de Ghibli.
Le studio, souvent perçu comme le gardien d’une certaine tradition de l’animation japonaise, montre ici qu’il est également capable d’expérimenter de nouvelles méthodes de production.
Ce choix ne signifie pas que la 3D remplacera nécessairement l’animation traditionnelle dans les autres films. Il témoigne plutôt d’une volonté d’explorer différentes possibilités et de transmettre le savoir-faire du studio à de nouvelles équipes.
Le film a également été présenté à la télévision japonaise avant sa sortie en salles, une diffusion qui lui a donné une place particulière parmi les productions Ghibli.
Aya et la Sorcière est sans doute l’un des films les plus déroutants du Studio Ghibli.
Son animation en 3D tranche avec l’esthétique qui a fait la renommée du studio, et son histoire aurait gagné à être plus développée. Pourtant, le film possède une héroïne originale, une ambiance étrange et quelques bonnes idées autour de la magie et de la débrouillardise.
Nous comprenons que les amateurs de l’animation traditionnelle puissent rester sur leur faim. Lorsqu’on associe Ghibli à la finesse de ses dessins, le changement est forcément important.
Mais cette tentative mérite aussi d’être considérée comme une expérience plutôt que comme une simple comparaison avec les chefs-d’œuvre du studio.
Notre verdict : un Ghibli atypique et imparfait, mais intéressant pour sa volonté d’oser une nouvelle voie.
Après cette parenthèse en 3D, nous arriverons à Le Garçon et le Héron, le long-métrage de Hayao Miyazaki sorti en 2023. Une œuvre mystérieuse et ambitieuse, qui nous permettra de retrouver le réalisateur dans un univers foisonnant et profondément personnel.
Et vous, que pensez-vous d’Aya et la Sorcière ? La 3D a-t-elle sa place dans l’univers Ghibli, ou préférez-vous largement l’animation traditionnelle du studio ? Dites-nous tout en commentaire !
Écrit par: animix
| Cookie | Durée | Description |
|---|---|---|
| cookielawinfo-checkbox-analytics | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Analytics". |
| cookielawinfo-checkbox-functional | 11 months | The cookie is set by GDPR cookie consent to record the user consent for the cookies in the category "Functional". |
| cookielawinfo-checkbox-necessary | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookies is used to store the user consent for the cookies in the category "Necessary". |
| cookielawinfo-checkbox-others | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Other. |
| cookielawinfo-checkbox-performance | 11 months | This cookie is set by GDPR Cookie Consent plugin. The cookie is used to store the user consent for the cookies in the category "Performance". |
| viewed_cookie_policy | 11 months | The cookie is set by the GDPR Cookie Consent plugin and is used to store whether or not user has consented to the use of cookies. It does not store any personal data. |
Commentaires d’articles (0)