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AnimKids
Quand on pense à un travail de nuit dans une station-service, on imagine souvent quelques clients qui viennent acheter un café, un paquet de chips ou faire le plein avant de repartir tranquillement. Shift At Midnight prend cette idée et la transforme en un véritable cauchemar.
Le principe est aussi simple qu’original. Pendant 13 nuits, vous incarnez un employé de station-service dont l’objectif est de sauver l’animal que vous avez choisi au début de la partie. Pour y parvenir, il faudra atteindre des quotas de vente, gérer le magasin et surtout rester en vie.
Car ici, tenir une station-service ne consiste pas seulement à encaisser des clients.
Il faut réapprovisionner les rayons, nettoyer le magasin, servir les véhicules qui viennent faire le plein, atteindre les objectifs de vente fixés pour chaque nuit et gérer tout ce qui permet à la station de continuer à fonctionner. Cette partie gestion est plutôt agréable et donne rapidement une routine… une routine que le jeu va prendre un malin plaisir à briser.
Les clients arrivent un par un. Chaque personne qui pousse la porte peut être un client tout à fait normal… ou un imposteur. Même les véhicules qui s’arrêtent aux pompes peuvent cacher une créature déguisée en humain.
Pour les identifier, plusieurs outils sont mis à notre disposition. Lors des premières nuits, une scannette permet de contrôler les cartes d’identité tandis qu’un ordinateur sert à vérifier les informations. Au fil de la progression, de nouveaux équipements sont débloqués pour nous aider à survivre.
Mais attention, une seule erreur peut avoir de lourdes conséquences.
Si un imposteur réussit à passer sans être repéré, il prévient une entité. Quelques instants plus tard, cette dernière attaque la station-service et peut parfois être accompagnée d’autres entités encore plus terrifiantes. Il faut alors barricader les accès, sortir les armes et défendre le magasin jusqu’à la fin de l’assaut. Plus vous laissez passer d’imposteurs, plus ces attaques deviennent dangereuses.

Les développeurs ne se sont pas arrêtés là.
Au-delà de la gestion de la station-service, Shift At Midnight aime casser la routine en nous obligeant à quitter notre zone de confort. Au cours de certaines nuits, le téléphone peut sonner. Une personne affirme que sa voiture est tombée en panne et demande de l’aide. Sur le moment, on hésite : est-ce un véritable appel à l’aide ou un piège ? Dans ce jeu, il vaut mieux toujours se méfier, car ce qui semble être une bonne action peut rapidement tourner au cauchemar.
À d’autres moments, le jeu nous envoie explorer la forêt située derrière la station-service. Et là, autant être honnête, ce n’est pas une balade de santé. L’ambiance est oppressante, les bruits autour de nous entretiennent constamment le doute et chaque pas donne l’impression qu’une entité peut surgir à tout instant. Ces séquences apportent de la variété au gameplay et renforcent encore davantage la tension, en nous rappelant qu’aucun endroit n’est réellement sûr dans Shift At Midnight.
Graphiquement, Shift At Midnight ne cherche pas à rivaliser avec les grosses productions. Les modèles sont simples, les textures également, mais je suis persuadé que c’est un choix assumé des développeurs. Cette direction artistique participe énormément à l’ambiance. Les éclairages, les zones plongées dans le noir, les musiques discrètes, les bruits inquiétants et les petits cris que l’on entend au loin créent une tension permanente. Le jeu ne cherche pas à impressionner par ses graphismes, mais par l’atmosphère qu’il installe, et sur ce point, c’est une réussite.
Là où le jeu prend une toute autre dimension, c’est en coopération.
Je pense qu’il est déjà sympathique en solo, mais avec des amis, l’expérience devient excellente. Très souvent, ce ne sont même plus les entités qui nous font peur, mais les réactions de nos coéquipiers. Un cri dans le micro, quelqu’un qui panique parce qu’il a vu quelque chose ou qui se met à courir sans prévenir, et toute l’équipe se retrouve à hurler. C’est ce qui rend les parties aussi mémorables.
Pendant nos treize nuits, nous avons énormément rigolé… mais nous avons surtout beaucoup stressé.
Les huit premières nuits sont excellentes. Chaque client est suspect, chaque contrôle de carte d’identité nous fait hésiter, chaque appel téléphonique nous pousse à réfléchir et chaque sortie dans la forêt nous met sous pression. Le jeu réussit constamment à nous faire douter.
Malheureusement, cette sensation s’essouffle un peu sur la fin.
Une fois bien équipés, avec un stock important d’armes et une bonne maîtrise des mécaniques, les attaques deviennent beaucoup moins impressionnantes. Nous repérions plus facilement les imposteurs et j’avais même l’impression que le jeu devenait plus indulgent dans ses dernières nuits. C’est dommage, car j’aurais aimé que la difficulté continue de monter jusqu’à la treizième nuit au lieu de retomber progressivement.
Je pense que c’est le principal point à améliorer. Les développeurs pourraient rendre les dernières nuits plus imprévisibles, limiter les ressources disponibles ou proposer des attaques encore plus variées afin de conserver cette pression jusqu’au bout.
Malgré ce défaut, Shift At Midnight reste une excellente surprise. Son concept est original, la gestion de la station-service fonctionne très bien et l’ambiance est tout simplement excellente. C’est un jeu qui prouve qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des graphismes photoréalistes pour réussir à faire peur.

Shift At Midnight est un jeu qui mélange intelligemment gestion, enquête et horreur coopérative. Les premières heures sont particulièrement réussies grâce à une ambiance pesante et un concept original qui fonctionne à merveille. Même si la difficulté perd un peu en intensité sur la fin, le jeu offre d’excellents moments, surtout entre amis. C’est le genre d’expérience qui alterne cris de panique et fous rires, et qui donne envie d’y retourner malgré quelques défauts d’équilibrage.
Écrit par: AsceWolf
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