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Asseto Corsa Rally

today01/01/2026 24

Arrière-plan
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Jeu en EARLY ACCESS

Avec Assetto Corsa Rally, Kunos Simulazioni poursuit son chemin à contre-courant. Là où le rallye vidéoludique moderne tend à multiplier les artifices pour séduire rapidement, le studio italien persiste dans une approche radicalement inverse, privilégiant la rigueur de la simulation à toute forme de concession ludique. Ce nouvel épisode ne cherche ni à impressionner par sa mise en scène, ni à rassurer le joueur par des aides omniprésentes. Il s’adresse à un public précis, averti, et assume pleinement son austérité. Dès les premiers écrans, le ton est donné. Menus sobres, interface fonctionnelle, absence quasi totale de contextualisation : Assetto Corsa Rally ne raconte pas le rallye, il le dissèque. Le jeu se présente davantage comme un outil de pilotage que comme une expérience narrative ou spectaculaire. Une philosophie cohérente avec l’héritage de la série, mais qui pose immédiatement la question de l’accessibilité, tant la discipline est ici traitée sans le moindre filtre.

Une simulation de conduite sans compromis

Le cœur de l’expérience réside évidemment dans sa physique de conduite, et sur ce point, Assetto Corsa Rally impressionne par sa précision. Chaque surface impose ses propres contraintes, chaque variation d’adhérence se ressent immédiatement dans le volant. La gestion des transferts de masse est d’une finesse remarquable, obligeant le joueur à anticiper constamment le comportement du véhicule plutôt qu’à réagir dans l’urgence. Rien n’est jamais gratuit : la glisse se mérite, se contrôle, puis se corrige dans une tension permanente. La moindre erreur de dosage, un freinage trop tardif ou un excès d’optimisme à l’accélération se paie instantanément. Contrairement à des productions plus permissives, le jeu refuse toute forme d’approximation. Il ne “rattrape” pas le joueur, ne gomme pas ses erreurs. Cette exigence, parfois déroutante, finit néanmoins par créer une relation presque pédagogique avec la machine, où chaque sortie de route devient une leçon de pilotage. Il faut toutefois préciser que cette précision atteint son plein potentiel uniquement avec un volant de qualité. À la manette, le jeu reste jouable, mais perd une grande partie de sa subtilité. Le retour de force, essentiel pour ressentir l’adhérence et les pertes de traction, constitue ici un élément central de l’expérience, au point de rendre l’équipement quasi indispensable.

Des spéciales techniques, parfois impitoyables

Les tracés proposés s’inscrivent dans la même logique de réalisme strict. Routes étroites, visibilité réduite, enchaînements piégeux : Assetto Corsa Rally privilégie des spéciales exigeantes, où la mémorisation et la lecture de la route priment sur l’attaque pure. Le décor n’est jamais là pour flatter l’œil, mais pour rappeler en permanence la fragilité de l’équilibre entre vitesse et contrôle. Cette approche réaliste montre toutefois ses limites dans la lisibilité globale. Les notes du copilote, bien que techniquement précises, manquent parfois de fluidité et de naturel, ce qui peut nuire à l’anticipation sur les longues spéciales. Certaines annonces semblent trop tardives, d’autres trop génériques, obligeant le joueur à compenser par une prudence excessive, parfois frustrante. Sur le plan visuel, les environnements, bien que crédibles, souffrent d’un certain manque de variété. Après plusieurs heures, certaines spéciales finissent par se ressembler, non pas dans leur tracé, mais dans leur identité esthétique. Un paradoxe pour une discipline aussi riche en ambiances et en terroirs différents.

Un contenu maîtrisé mais minimaliste

Le garage de véhicules se montre cohérent et bien pensé, privilégiant la qualité à la quantité. Chaque voiture possède une identité mécanique forte, avec des différences de comportement suffisamment marquées pour forcer le joueur à adapter radicalement son pilotage. Passer d’une propulsion nerveuse à une transmission intégrale plus stable ne relève pas d’un simple ajustement, mais d’un véritable changement de philosophie de conduite. En revanche, le contenu global laisse une impression de retenue. Les modes de jeu sont présents, mais sans réelle ambition. Championnat, contre-la-montre, sessions libres : l’essentiel est là, mais rien ne vient structurer ou valoriser la progression du joueur. L’absence d’un mode carrière plus développé ou d’un système de progression engageant limite l’investissement sur le long terme, surtout pour ceux qui ne se contentent pas de la seule performance chronométrique.

Une réalisation fonctionnelle, portée par le son

Techniquement, Assetto Corsa Rally se montre solide sans jamais chercher l’esbroufe. Les modèles de voitures sont détaillés, les éclairages maîtrisés, mais l’ensemble reste volontairement sobre. Le jeu préfère la lisibilité à l’effet “waouh”, quitte à paraître en retrait face à des productions plus spectaculaires. Le travail sonore, en revanche, constitue l’un des points forts du titre. Chaque moteur possède une signature distincte, les variations de régime sont fidèlement retranscrites, et les bruits de roulement sur les différentes surfaces renforcent considérablement l’immersion. Le son devient ici un véritable outil de pilotage, participant activement à la compréhension du comportement du véhicule.

 

Une proposition radicale

Au final, Assetto Corsa Rally s’impose comme une expérience profondément clivante. Son refus total de la concession en fait un titre d’une grande honnêteté, mais aussi d’une froideur assumée. Il ne cherche pas à plaire, seulement à être fidèle à sa vision du rallye. Une vision exigeante, parfois ingrate, mais d’une cohérence rare. Les joueurs en quête de spectacle, de progression scénarisée ou de gratification immédiate risquent de passer leur chemin. En revanche, les amateurs de simulation pure, patients et méthodiques, y trouveront un terrain d’expression exceptionnel, où chaque dixième gagné est le fruit d’un véritable apprentissage.

Conclusion

Assetto Corsa Rally n’est ni le plus accessible, ni le plus généreux des jeux de rallye. Mais il figure sans doute parmi les plus authentiques en matière de sensations de conduite. Un jeu exigeant, parfois frustrant, mais profondément respectueux de la discipline qu’il représente. Un titre de niche, radical et assumé, qui s’adresse avant tout à ceux pour qui le plaisir du pilotage prime sur tout le reste.

Écrit par: Warmelin

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