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Apidya’ Special

today23/08/2026 31

Arrière-plan
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Il y a des jeux qui reviennent parce que le marché du rétro fonctionne bien, et puis il y a ceux qui donnent réellement l’impression de retrouver une partie de l’histoire du jeu vidéo. Apidya fait clairement partie de cette seconde catégorie. Sorti en 1992 sur Amiga, le shoot’em up de Team Apidya avait réussi à se faire une place à part grâce à son univers complètement atypique : ici, pas de vaisseau spatial ni d’armée extraterrestre à détruire, mais une abeille lancée dans un monde où insectes, poissons, rats et autres créatures deviennent soudainement des menaces gigantesques. Plus de trente ans après sa sortie, Apidya revient avec Apidya’ Special. Et le plus intéressant dans cette nouvelle version, c’est qu’il ne s’agit pas simplement de ressortir le jeu original avec un émulateur et quelques options supplémentaires. Le titre a été entièrement reconstruit, avec la participation de l’équipe originale et d’un fan devenu développeur. L’objectif est donc assez clair : retrouver l’esprit du jeu de 1992 tout en lui permettant de fonctionner correctement sur les machines actuelles. Une démarche qui pouvait facilement tourner au simple produit nostalgique, mais qui s’avère finalement beaucoup plus ambitieuse.

Un véritable retour aux sources

Dès les premières secondes, Apidya’ Special rappelle pourquoi le jeu original était aussi particulier. Le principe reste extrêmement simple : on dirige son abeille horizontalement, on tire sur tout ce qui bouge et on tente de survivre à des vagues d’ennemis de plus en plus agressives. Pourtant, derrière cette apparente simplicité se cache un shoot’em up particulièrement travaillé. Le jeu reprend les cinq grands univers de l’original, avec les prairies, les environnements aquatiques, les égouts, les décors cybernétiques et le dernier monde beaucoup plus inquiétant. Chacun possède sa propre identité visuelle et son bestiaire, permettant au jeu d’éviter la monotonie. Les ennemis sont d’ailleurs l’une des grandes forces d’Apidya : insectes, créatures aquatiques, machines et monstres improbables viennent constamment renouveler les situations. La progression reste volontairement arcade. On apprend les patterns, on mémorise les passages difficiles et on recommence après chaque défaite avec l’espoir d’aller un peu plus loin. C’est probablement là que le jeu réussit le mieux son retour : malgré les décennies qui séparent les deux versions, Apidya’ Special ne donne jamais l’impression d’être un vestige du passé. Son gameplay reste immédiat, nerveux et particulièrement efficace.

Un pixel art qui traverse les années

Graphiquement, le choix effectué par les développeurs est plutôt intelligent. Plutôt que de transformer Apidya en jeu moderne avec des graphismes entièrement refaits, Apidya’ Special conserve cette identité pixel art qui faisait le charme de la version Amiga. Le résultat permet au jeu de rester immédiatement reconnaissable tout en profitant des possibilités des machines actuelles. Deux présentations sont proposées. La première permet de jouer en widescreen avec de nouveaux effets de parallaxe, tandis que la seconde reprend le format 4:3 de l’ordinateur d’origine. Les amateurs de sensations rétro peuvent même ajouter différents effets CRT, avec notamment des scanlines et une reproduction de l’aspect d’un ancien écran. C’est finalement cette possibilité de choisir son expérience qui fait la différence. On peut profiter d’un affichage moderne et confortable ou, au contraire, recréer autant que possible les sensations d’une partie sur Amiga. Le résultat évite surtout le piège du remake qui cherche à cacher ses origines : Apidya’ Special les revendique pleinement.

 

Une difficulté à l’ancienne, mais pas seulement

Apidya n’a jamais été réputé pour être un shoot’em up particulièrement tendre avec le joueur et cette nouvelle version ne renie pas cet héritage. Les ennemis arrivent rapidement, les projectiles remplissent parfois l’écran et les boss demandent généralement de comprendre leurs mouvements plutôt que de simplement maintenir le bouton de tir. La bonne nouvelle, c’est que cette version propose des options de difficulté modernisées. L’objectif est clairement de permettre aux joueurs qui ne sont pas habitués aux shoot’em up rétro de profiter de l’expérience sans immédiatement se retrouver bloqués. Les développeurs ont même pensé aux vétérans du jeu original, puisque ces réglages permettent de conserver une expérience beaucoup plus proche de celle de l’époque. Le jeu conserve donc cette philosophie typiquement arcade : mourir n’est pas forcément une punition, mais une manière d’apprendre. On recommence, on comprend ce qui nous a détruit et on avance un peu plus loin. Une mécanique très simple, mais qui fonctionne toujours aussi bien.

 

Une bande-son qui mérite son propre voyage

Impossible de parler d’Apidya sans évoquer sa musique. La bande-son originale composée par Chris Hülsbeck fait partie de ces éléments qui ont largement participé à la personnalité du jeu. Pour Apidya’ Special, le compositeur est revenu travailler sur le projet avec de nouvelles versions studio de ses morceaux emblématiques. Là encore, le choix est intéressant puisqu’il ne s’agit pas simplement de remplacer la musique historique par une bande-son moderne. Le jeu cherche plutôt à faire cohabiter son héritage et cette nouvelle production. Les anciens joueurs peuvent ainsi retrouver des sonorités immédiatement familières tout en découvrant une nouvelle interprétation de morceaux qu’ils connaissent parfois depuis plus de trente ans. C’est exactement le genre de détail qui montre que cette Special Edition n’est pas uniquement destinée aux collectionneurs nostalgiques. Elle cherche aussi à donner une nouvelle vie au travail réalisé à l’époque.

Plus qu’un simple remake

Apidya’ Special ne se contente finalement pas de remettre le jeu original sur nos machines. Cinq mondes thématiques sont proposés, avec jusqu’à cinq niveaux par monde, vingt boss différents et des stages spéciaux cachés. Le jeu ajoute également des événements aléatoires, comme le Night Mode, qui peut modifier certains éléments visuels et les ennemis rencontrés. Autre nouveauté intéressante : le mode coopératif local. Le deuxième joueur ne prend pas directement le contrôle de l’abeille, mais d’un drone auxiliaire. Une manière plutôt originale de permettre à deux joueurs de participer à l’aventure sans dénaturer complètement le gameplay historique. Cette volonté d’ajouter du contenu tout en conservant l’identité du jeu est probablement la meilleure décision prise pour cette nouvelle version. Apidya’ Special ressemble davantage à une évolution du jeu original qu’à une simple restauration.

 

Conclusion

Apidya’ Special avait un exercice compliqué devant lui : faire revenir un shoot’em up Amiga de 1992 sans lui faire perdre son âme. Et sur le papier, le pari est particulièrement convaincant. Le jeu conserve son pixel art, son univers étrange, son gameplay arcade et cette ambiance très particulière qui lui avait permis de se démarquer à l’époque, tout en ajoutant une présentation moderne, du contenu supplémentaire, du coop et une nouvelle bande-son signée Chris Hülsbeck. Pour les joueurs qui ont connu l’Amiga, c’est évidemment une belle occasion de retrouver un titre qui méritait davantage de lumière. Pour ceux qui n’ont jamais touché à l’original, c’est surtout une excellente porte d’entrée vers l’un des shoot’em up les plus singuliers de cette génération. Apidya n’avait finalement pas besoin d’être modernisé à outrance. Il avait simplement besoin qu’on lui permette de reprendre son envol.

Écrit par: Warmelin

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