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Si tu tends l’oreille : quand les rêves commencent à prendre forme

today05/10/2026 10

Arrière-plan
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En 1995, le studio propose une histoire beaucoup plus intime, centrée sur deux adolescents, leurs rêves, leurs passions et les premiers sentiments amoureux.

Cette fois, Hayao Miyazaki n’est pas le réalisateur.

Le film est confié à Yoshifumi Kondō, un animateur qui travaillait depuis longtemps avec Miyazaki et Isao Takahata.

Son film s’appelle Si tu tends l’oreille.

"Si tu tends l'oreille" - Bande-annonce

Une jeune fille passionnée de livres

L’histoire suit Shizuku Tsukishima, une adolescente qui vit à Tokyo avec sa famille.

Shizuku adore lire.

Elle passe une grande partie de son temps à la bibliothèque et emprunte régulièrement des livres.

Mais un détail va commencer à l’intriguer.

Elle remarque que, sur les fiches d’emprunt, un certain Seiji Amasawa semble avoir lu les mêmes livres qu’elle avant elle.

Qui est donc ce mystérieux garçon ?

Cette simple question va conduire Shizuku à faire une rencontre qui va changer sa façon de voir son avenir.

Si tu tends l'oreille - Les Réfracteurs

Seiji et son rêve

Shizuku finit par rencontrer Seiji Amasawa, un jeune garçon passionné par la fabrication de violons.

Contrairement à Shizuku, qui ne sait pas encore précisément ce qu’elle veut faire de sa vie, Seiji possède déjà un objectif.

Il souhaite partir en Italie afin de perfectionner son apprentissage auprès d’un maître luthier.

Cette ambition va beaucoup impressionner Shizuku.

Mais elle va également provoquer chez elle une question importante :

Et moi, quel est mon rêve ?

Si tu tends l'oreille ~ Studio Ghibli

Shizuku veut écrire

Shizuku aime écrire des histoires.

Elle commence donc à se demander si elle pourrait elle aussi essayer de créer quelque chose.

Mais elle ne se considère pas comme une grande écrivaine.

Elle doute de son talent.

Elle sait qu’elle doit encore apprendre énormément de choses.

Et c’est justement ce qui constitue le cœur du film.

Shizuku va devoir comprendre que posséder un rêve est une chose, mais travailler pour le réaliser en est une autre.

Produits dérivés officiels - Si tu tends l'oreille

 La mystérieuse statue du Baron

Au cours de son aventure, Shizuku découvre une petite boutique d’antiquités appartenant à Shirō Nishi, le grand-père de Seiji.

Elle y trouve une étrange statue représentant un chat élégant.

Son nom :

Le Baron Humbert von Gikkingen.

Cette statue va inspirer Shizuku pour l’une de ses premières histoires.

Et c’est ici que Si tu tends l’oreille introduit une dimension fantastique.

Mais contrairement à Totoro ou Le Château dans le ciel, le fantastique reste principalement lié à l’imagination de Shizuku.

Si tu tends l'oreille - Long-métrage d'animation (1995) - SensCritique

 Quand l’imagination rencontre la réalité

Le film joue constamment avec cette frontière.

Shizuku imagine des aventures autour du Baron.

Elle transforme ses idées en histoire.

Le spectateur peut alors voir ce qu’elle imagine.

Mais le film revient régulièrement au monde réel.

Cette construction permet de montrer comment une jeune fille commence à transformer ses émotions et ses expériences en création artistique.

Si tu tends l'oreille – L'espace et le temps

 Une histoire sur le travail

L’un des aspects les plus intéressants du film est qu’il ne présente pas le talent comme quelque chose de magique.

Seiji possède un talent pour la fabrication des violons.

Mais il doit travailler.

Il doit apprendre.

Il doit accepter les critiques.

Et surtout, il doit partir pour progresser.

Shizuku comprend progressivement que si elle veut devenir écrivaine, elle devra elle aussi travailler sérieusement et développer son propre talent.

 Une famille très présente

Contrairement à beaucoup de films d’animation centrés uniquement sur les enfants, Si tu tends l’oreille donne également une vraie place aux parents de Shizuku.

Ils ne sont pas parfaits.

Ils peuvent être inquiets.

Ils peuvent parfois ne pas comprendre immédiatement les choix de leur fille.

Mais ils cherchent surtout à l’accompagner.

Cela donne au film une dimension particulièrement réaliste.

 Une chanson devenue emblématique

La musique du film est composée par Yūji Nomi, ancien élève de Joe Hisaishi.

Mais la chanson la plus célèbre reste évidemment :

« Country Road »

Dans le film, Shizuku adapte les paroles de la chanson pour en faire une version personnelle.

La chanson devient ainsi associée à son histoire et à son évolution.

 Une animation très quotidienne

Si tu tends l’oreille est encore une fois très éloigné des grandes aventures fantastiques de Miyazaki.

Le film montre surtout :

  • les rues de Tokyo ;
  • les transports ;
  • le lycée ;
  • la bibliothèque ;
  • la maison familiale ;
  • les magasins ;
  • les ateliers.

Cette attention portée au quotidien donne au film une atmosphère très réaliste.

Le spectateur peut facilement avoir l’impression de suivre la vie réelle de deux adolescents japonais des années 1990.

 Le dernier film de Yoshifumi Kondō

Si tu tends l’oreille occupe malheureusement une place particulière dans l’histoire de Ghibli.

Yoshifumi Kondō était considéré comme l’un des grands espoirs du studio.

Il avait notamment travaillé comme animateur sur de nombreuses œuvres de Miyazaki et Takahata.

Si tu tends l’oreille devient son premier et unique long-métrage réalisé pour le cinéma.

Kondō décède malheureusement en 1998, à seulement 47 ans.

Sa disparition sera un choc important pour le Studio Ghibli.

 Un succès important

Le film sort au Japon le 15 juillet 1995 et rencontre un important succès.

Il devient notamment le film japonais ayant réalisé le plus d’entrées au Japon cette année-là.

Cette réussite confirme une nouvelle fois que Ghibli peut rencontrer son public avec des histoires beaucoup plus réalistes, sans forcément s’appuyer sur un univers fantastique spectaculaire.

 Notre avis

Si tu tends l’oreille est un film particulièrement touchant parce qu’il parle d’une période que beaucoup peuvent comprendre :

le moment où l’on commence à se demander ce que l’on veut réellement faire de sa vie.

Shizuku n’a pas encore toutes les réponses.

Elle doute.

Elle essaie.

Elle se trompe.

Elle recommence.

Et surtout, elle comprend qu’un rêve ne devient pas réalité simplement parce qu’on le désire.

Il faut travailler pour lui donner une forme.

C’est finalement un très beau message pour les adolescents, mais également pour les adultes.

 Une étape importante avant Mononoké

Avec Si tu tends l’oreille, Ghibli montre encore une fois qu’il peut raconter des histoires très différentes.

Après les tanukis de Pompoko, le studio nous offre ici une histoire d’adolescence, de création et de recherche de soi.

Mais l’année suivante, le studio va prendre une toute autre direction.

En 1997, Hayao Miyazaki revient avec une œuvre beaucoup plus ambitieuse, plus sombre et beaucoup plus spectaculaire.

Une histoire de samouraïs, de dieux de la forêt, d’humains et d’une nature menacée.

Écrit par: animix

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