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Souvenirs goutte à goutte : quand les souvenirs d’enfance refont surface

today29/09/2026 5

Arrière-plan
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Après le succès de Kiki la petite sorcière, le Studio Ghibli change complètement d’atmosphère.

En 1991, Isao Takahata revient derrière la caméra avec un film beaucoup plus réaliste et intimiste : Souvenirs goutte à goutte (Omohide Poro Poro).

Ici, pas de créatures fantastiques, pas de magie et pas de grande aventure.

Le film raconte simplement la vie d’une femme qui, en retournant à la campagne, va progressivement replonger dans ses souvenirs d’enfance.

Taeko retourne à la campagne

L’histoire suit Taeko, une jeune femme de 27 ans qui vit et travaille à Tokyo.

Elle décide de prendre quelques jours de vacances pour se rendre à la campagne et aider sa famille à récolter les fleurs de carthame.

Pendant son voyage en train, puis durant son séjour, ses souvenirs d’enfance vont progressivement refaire surface.

Le film passe ainsi constamment entre le présent de Taeko adulte et son enfance dans les années 1960.

C’est ce mélange qui donne au film son titre français : les souvenirs reviennent petit à petit, comme des gouttes qui remontent à la surface.

Souvenirs goutte à goutte (1991) - Yoko Honnacomme Taeko (Child) - IMDb

Taeko enfant

Une grande partie du récit nous ramène lorsque Taeko avait 10 ans.

On découvre alors sa vie à l’école, ses relations avec ses camarades, ses premières interrogations et les petits événements qui peuvent sembler insignifiants lorsqu’on est enfant mais qui restent parfois gravés dans notre mémoire.

Le film évoque notamment les mathématiques, les premiers émois amoureux, les vacances, les relations familiales ou encore les changements qui apparaissent dans la société japonaise.

Takahata transforme ainsi des souvenirs très ordinaires en véritables petits morceaux de cinéma.

SOUVENIRS GOUTTE À GOUTTE | Critique du film de Isao Takahata

 Deux époques qui se répondent

L’une des grandes particularités de Souvenirs goutte à goutte est cette alternance permanente entre deux périodes.

Taeko adulte, dans le Japon rural du début des années 1980.

Et Taeko enfant, dans le Tokyo des années 1960.

À travers ces souvenirs, elle commence à se poser des questions sur sa propre existence.

Est-elle vraiment heureuse dans sa vie actuelle ?

A-t-elle fait les choix qu’elle souhaitait réellement faire ?

Que reste-t-il de la petite fille qu’elle était autrefois ?

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Un film sur les choix de la vie

Contrairement à Kiki, où une adolescente découvre progressivement son indépendance, Souvenirs goutte à goutte s’intéresse à une personne déjà adulte.

Taeko possède un travail et une vie stable.

Mais le retour à la campagne va l’amener à réfléchir à ce qu’elle veut réellement pour son avenir.

Le film parle donc de nostalgie, mais aussi de la difficulté de devenir adulte et de savoir si la vie que l’on mène correspond réellement à celle que l’on désirait.

 La campagne japonaise

Takahata accorde également une place importante à la nature et au monde rural.

La récolte du carthame devient l’occasion de montrer un Japon très différent de celui des grandes villes.

Le film s’intéresse notamment aux traditions agricoles et à la transformation progressive de la société japonaise.

Ce contraste entre Tokyo et la campagne accompagne le parcours intérieur de Taeko.

Plus elle découvre cette vie rurale, plus elle se demande si elle pourrait elle aussi changer de vie.

Une animation particulièrement réaliste

Visuellement, Souvenirs goutte à goutte possède une particularité intéressante.

Les scènes de l’enfance de Taeko utilisent une animation très expressive, tandis que les scènes avec Taeko adulte cherchent davantage le réalisme.

Les gestes, les expressions et les décors du quotidien sont particulièrement travaillés.

Il n’y a pas besoin de fantastique pour créer un univers riche.

Takahata montre simplement la vie quotidienne japonaise, avec une attention incroyable portée aux détails.

 Une musique différente

Pour ce film, Joe Hisaishi ne compose pas la bande originale.

La musique est confiée à Masaru Hoshi.

Le film utilise également plusieurs chansons et musiques liées notamment à la Hongrie, qui jouent un rôle important dans l’évolution de l’histoire.

La chanson principale du film est interprétée par Haruomi Hosono, tandis que Miyako Harumi interprète le thème principal japonais du film. La fiche officielle de Ghibli confirme Masaru Hoshi à la musique et Miyako Harumi au thème du film.

Un film très différent des précédents Ghibli

Après Le Château dans le ciel, Totoro, Le Tombeau des lucioles et Kiki, le studio montre une nouvelle fois qu’il peut changer complètement de registre.

Souvenirs goutte à goutte ne repose pas sur une grande aventure.

Son intérêt vient plutôt de l’observation des personnages et de leurs émotions.

Takahata raconte quelque chose de très simple :

Que devient l’enfant que nous étions lorsque nous devenons adultes ?

Un succès important pour Ghibli

Sorti au Japon le 20 juillet 1991, le film dure environ 119 minutes et est distribué par Tōhō. Isao Takahata signe le scénario et la réalisation, tandis que Hayao Miyazaki est crédité comme producteur de création et Toshio Suzuki comme producteur.

Le film rencontre un important succès au Japon et confirme surtout que Ghibli peut faire fonctionner des œuvres très différentes les unes des autres.

Le studio n’est donc plus seulement associé aux aventures fantastiques de Miyazaki.

Il peut également produire des films beaucoup plus réalistes et adultes.

 Notre avis

Souvenirs goutte à goutte est certainement l’une des œuvres les plus particulières de cette première période de Ghibli.

Il ne cherche pas à impressionner avec de grandes aventures.

Il prend simplement le temps de raconter une femme qui regarde son enfance pour essayer de comprendre son présent.

Et c’est probablement ce qui le rend aussi intéressant aujourd’hui.

Parce que les souvenirs de Taeko ne sont finalement pas si différents des nôtres.

Une odeur, une chanson, un endroit, une vieille photographie ou un souvenir d’école peuvent parfois faire ressurgir une époque que l’on pensait avoir oubliée.

Écrit par: animix

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