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Il y a des licences qui ont marqué une génération. Des jeux dont il suffit de revoir quelques images, d’entendre quelques notes de musique ou simplement de retrouver certaines mécaniques pour ressentir immédiatement une vague de nostalgie. Onimusha fait clairement partie de ces licences. Et après des années d’attente, Capcom nous offre enfin ce que beaucoup de joueurs espéraient sans forcément oser y croire : un véritable nouvel épisode. Avec Onimusha: Way of the Sword, la série revient sous une forme modernisée, spectaculaire et ambitieuse, mais surtout avec cette volonté de préserver ce qui faisait son identité. Et après plusieurs heures passées à parcourir ce Japon féodal infesté de créatures démoniaques, une chose devient rapidement évidente : Onimusha nous avait manqué. Mais plus important encore : Onimusha revient en grande forme.
On aurait pu craindre le pire. Après autant d’années, le risque était évidemment de voir Capcom transformer Onimusha en un simple jeu d’action moderne utilisant le nom de la licence pour profiter de la nostalgie des anciens joueurs. Heureusement, ce n’est absolument pas l’impression que donne Way of the Sword. Dès les premières minutes, on retrouve cette ambiance si particulière qui caractérisait les épisodes historiques. Le Japon féodal y est magnifique, mais jamais complètement rassurant. Derrière la beauté des paysages et l’architecture traditionnelle se cache une menace permanente. Les démons sont partout. Les villages sont ravagés. Les environnements racontent une histoire. Et notre personnage se retrouve rapidement plongé dans un conflit où la frontière entre le monde des hommes et celui des démons semble de plus en plus mince. C’est cette opposition entre la beauté du Japon traditionnel et l’horreur surnaturelle qui fonctionne particulièrement bien. Onimusha n’a jamais été simplement un jeu de samouraïs. C’est aussi une histoire de démons, de malédictions, de vengeance et de survie. Way of the Sword l’a parfaitement compris.

Évidemment, lorsqu’on lance un nouvel Onimusha, la première chose que l’on veut faire est simple : prendre son sabre et découper du démon. Et sur ce point, Capcom ne nous déçoit pas. Les combats constituent le cœur de l’expérience et bénéficient d’un travail particulièrement soigné. Les affrontements sont rapides, précis et surtout très satisfaisants. Chaque coup porté possède une véritable sensation d’impact. On ressent le poids du katana, la violence des affrontements et surtout la puissance du personnage. Mais cette puissance ne signifie pas pour autant que le jeu transforme notre samouraï en machine de guerre capable de massacrer tout ce qui bouge sans réfléchir. Bien au contraire. Les ennemis demandent de l’attention et certains affrontements obligent à observer leurs mouvements afin de comprendre le meilleur moment pour attaquer. La précipitation peut rapidement coûter cher. Et c’est justement ce qui rend les combats intéressants. On attaque, on esquive, on pare, on attend l’ouverture, puis on frappe. Et lorsque la lame touche sa cible, le résultat est particulièrement jouissif.


S’il y a une chose qui fait immédiatement plaisir, c’est que Onimusha: Way of the Sword n’a visiblement pas oublié que la licence doit être brutale. Les affrontements sont violents et les ennemis peuvent finir dans un état franchement peu enviable. Le katana n’est pas ici un simple accessoire esthétique. C’est une arme. Et le jeu nous le fait comprendre. Les animations donnent énormément de poids aux attaques et les ennemis réagissent véritablement aux coups que l’on porte. Cette violence participe pleinement à l’identité du titre. Elle permet également de renforcer cette sensation de danger qui accompagne notre progression. Même lorsque notre personnage devient puissant, les affrontements ne donnent jamais complètement l’impression que nous sommes intouchables. Et c’est une excellente chose.
Impossible évidemment de parler d’Onimusha sans évoquer les âmes. Cette mécanique emblématique de la série est toujours aussi agréable.Après avoir vaincu un ennemi, les âmes apparaissent et peuvent être absorbées afin de renforcer notre personnage et de progresser. Sur le papier, c’est très simple. Dans la pratique, cela ajoute une dimension supplémentaire aux combats. Il faut parfois choisir entre continuer à attaquer un ennemi encore dangereux ou prendre quelques secondes pour absorber les âmes présentes autour de soi. Cette mécanique participe également énormément à l’identité de la série. Après quelques minutes seulement, on retrouve cette petite satisfaction familière lorsque les âmes viennent tournoyer autour du personnage avant d’être absorbées. C’est le genre de détail qui rappelle immédiatement pourquoi les anciens Onimusha étaient aussi particuliers.


L’autre grande réussite de Way of the Sword réside dans sa direction artistique. Capcom nous offre un Japon féodal particulièrement travaillé. Les environnements sont variés et réussissent à conserver cette identité visuelle très forte. Temples, villages, forêts, bâtiments traditionnels et lieux ravagés par les démons se succèdent avec une véritable cohérence. Mais surtout, les décors ne servent pas uniquement à nous impressionner. Ils participent à l’ambiance.Certains endroits respirent la tranquillité. D’autres sont immédiatement inquiétants. Et lorsque la menace démoniaque s’installe dans un environnement qui semblait jusque-là paisible, le contraste fonctionne particulièrement bien. On passe constamment de l’émerveillement à l’inquiétude. C’est exactement le genre d’atmosphère que l’on attendait d’un retour d’Onimusha.
Capcom avait un véritable défi à relever. Comment moderniser Onimusha sans perdre ce qui faisait son charme ? La réponse se trouve dans l’équilibre général du jeu. Way of the Sword utilise évidemment les technologies modernes pour proposer une réalisation beaucoup plus ambitieuse que les épisodes historiques, mais il ne cherche jamais à effacer le passé.
Au contraire. Le jeu semble constamment faire comprendre au joueur qu’il sait d’où il vient. Les mécaniques historiques sont modernisées. Les combats gagnent en fluidité. La mise en scène prend une nouvelle dimension. Les environnements sont beaucoup plus détaillés. Mais derrière tout cela, on retrouve toujours Onimusha. Et c’est probablement la plus grande réussite de Capcom.


La bande-son joue également un rôle important. Les musiques accompagnent parfaitement les différents environnements et renforcent l’ambiance du voyage. Les moments calmes bénéficient d’une atmosphère plus contemplative, tandis que les affrontements gagnent naturellement en intensité.Les bruitages contribuent également énormément aux sensations. Le métal qui s’entrechoque. Les cris des ennemis. Les impacts. Le bruit du katana. Tout participe à cette impression d’être réellement plongé dans un Japon féodal confronté à une invasion démoniaque. Et forcément, lorsque l’on retrouve certains sonorités caractéristiques de la licence, difficile de ne pas avoir un petit sourire.
Way of the Sword ne se contente pas d’enchaîner les combats. La progression permet également de découvrir progressivement de nouveaux environnements, de nouveaux ennemis et de nouvelles possibilités. Cette évolution évite au jeu de tomber dans une simple répétition des affrontements. On avance, on découvre, on améliore son personnage et surtout on devient progressivement plus à l’aise avec le système de combat. C’est une progression qui fonctionne parce qu’elle ne cherche pas constamment à nous noyer sous des dizaines de mécaniques. Le jeu sait rester concentré sur son concept. Et parfois, c’est exactement ce dont une production a besoin.


C’est probablement ce qui m’a le plus marqué pendant l’expérience. Onimusha: Way of the Sword possède une identité. À une époque où de nombreux jeux cherchent à intégrer toujours plus de mécaniques, plus de contenu, plus d’activités secondaires et plus de systèmes différents, Capcom fait ici quelque chose d’assez rafraîchissant. Le jeu sait ce qu’il veut être. Un jeu d’action japonais avec des samouraïs, des démons, des combats au katana et une ambiance sombre. Et il le fait très bien. Il n’a pas besoin de devenir un énorme monde ouvert rempli d’icônes pour fonctionner. Il n’a pas besoin de transformer son héros en super-héros invincible. Il n’a pas besoin de copier toutes les productions occidentales à succès. Il est simplement Onimusha. Et franchement, ça fait un bien fou.
Pour les joueurs qui ont connu les anciens épisodes, Way of the Sword possède évidemment une dimension supplémentaire. C’est un retour. Et pas uniquement celui d’un personnage ou d’une licence. C’est aussi le retour d’une époque où Capcom proposait régulièrement des expériences très différentes les unes des autres. Retrouver Onimusha aujourd’hui donne donc cette impression assez particulière de retrouver un vieil ami. Mais le plus important, c’est que le jeu ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Un nouveau joueur peut parfaitement découvrir la licence avec Way of the Sword. Les anciens retrouveront leurs sensations. Les nouveaux pourront découvrir un univers qui possède encore aujourd’hui énormément de potentiel.
C’est exactement comme cela qu’un retour de licence doit être pensé.

Il y avait énormément de pression autour du retour d’Onimusha. Après tant d’années, les attentes étaient forcément très élevées. Et pourtant, Capcom réussit son pari. Onimusha: Way of the Sword est un retour extrêmement convaincant. Le jeu respecte l’ADN de la série, modernise intelligemment ses mécaniques et propose une réalisation à la hauteur des productions actuelles. Les combats sont nerveux. Le katana procure d’excellentes sensations. Les ennemis sont variés. Les environnements sont magnifiques. L’ambiance est réussie. Les âmes sont de retour. Et surtout, le jeu possède cette petite chose devenue beaucoup trop rare : une véritable personnalité. Après avoir passé autant de temps sans nouvel épisode, on aurait pu se contenter d’un simple retour sympathique. Capcom nous offre bien davantage. Way of the Sword nous rappelle pourquoi Onimusha avait autant marqué les joueurs. Il nous rappelle le plaisir de parcourir un Japon féodal mystérieux, de découvrir des temples inquiétants, de croiser des créatures démoniaques et surtout de dégainer son katana pour remettre quelques démons à leur place.
Onimusha est de retour.
Et il était grand temps.
Écrit par: Warmelin
Capcom Musashi Miyamoto Onimusha Way of the Sword
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