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City Hunter

today26/02/2026 44

Arrière-plan
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À l’origine, City Hunter était une adaptation vidéoludique de l’anime culte mettant en scène Ryo Saeba, détective privé charismatique évoluant dans un Tokyo stylisé. Contrairement à d’autres licences plus médiatisées, le jeu PC Engine n’a jamais connu une reconnaissance massive hors du Japon. Sa distribution limitée et l’absence de localisation occidentale l’ont longtemps cantonné à un statut d’objet de collection. La remasterisation actuelle représente donc une seconde chance historique pour ce jeu. Elle permet non seulement de le rendre accessible à un public mondial, mais aussi de réévaluer sa place dans le patrimoine vidéoludique.

Un pur produit des années 90

Dès les premières minutes, impossible de nier l’ADN rétro du titre. City Hunter est un jeu d’action à défilement horizontal, où le joueur traverse des environnements urbains infestés d’ennemis armés. Tir, esquive et mémorisation constituent le cœur de l’expérience. Le gameplay repose sur une formule simple mais exigeante. Ryo Saeba peut tirer dans plusieurs directions, sauter, et utiliser différentes armes récupérées au fil des niveaux. Cependant, les mécaniques restent typiques des productions de l’époque : animations parfois rigides, inertie marquée, hitboxes strictes. Cette rigidité peut surprendre les joueurs modernes habitués à une fluidité constante. Pourtant, elle participe aussi au charme du jeu : chaque affrontement demande précision et anticipation. Le moindre faux pas peut coûter cher.

Une difficulté relevée mais ajustable

L’un des aspects les plus notables de cette remasterisation est la gestion de la difficulté. L’original PC Engine était réputé pour sa sévérité brutale, typique des jeux d’arcade domestiques.

La nouvelle version introduit plusieurs outils modernes :

  • Rewind (retour en arrière)

  • Save States (sauvegardes instantanées)

  • Modes de difficulté alternatifs

Ces ajouts changent radicalement l’expérience. Le jeu devient plus accessible sans pour autant perdre son caractère exigeant. Les puristes pourront ignorer ces options, tandis que les nouveaux venus éviteront la frustration excessive. Le mode Hard, quant à lui, ne se contente pas d’augmenter les dégâts ennemis : il rééquilibre certains passages, modifie des patterns de boss et pousse la maîtrise plus loin. 

Entre nostalgie et propreté HD

Graphiquement, la remasterisation reste fidèle au pixel art original. Les sprites, décors et animations ont été nettoyés et optimisés pour les écrans modernes, sans transformation radicale. Le rendu est propre, lisible, et respecte l’identité visuelle PC Engine. Les couleurs vives, les arrière-plans urbains et les animations caractéristiques rappellent immédiatement les productions 16-bits. Les filtres optionnels (CRT, scanlines) permettent d’adapter l’affichage selon les préférences. Certains joueurs privilégieront la netteté HD, d’autres rechercheront l’effet “écran cathodique”. Ce choix de fidélité plutôt que de relecture graphique est pertinent : il préserve l’authenticité historique du jeu.

Un parfum d’anime

La musique constitue l’un des points forts du titre. Inspirée de l’ambiance de la série animée, elle mélange synthés dynamiques, rythmes urbains et tonalités jazzy. L’ajout du mythique thème Get Wild représente un véritable cadeau pour les fans. Ce morceau emblématique renforce instantanément l’immersion et la charge nostalgique. Les effets sonores, bien que rétro, conservent leur efficacité : tirs, explosions et impacts participent à la tension constante.

Localisation : enfin accessible à tous

L’un des grands défauts de l’original était son absence totale de traduction. La remasterisation corrige enfin ce point avec une localisation multilingue complète.

La version française mérite une mention spéciale. Elle offre même le choix entre :

  • Terminologie “City Hunter”

  • Terminologie “Nicky Larson”

Ce détail, en apparence anecdotique, témoigne d’une attention rare envers la communauté francophone. Il permet à chacun de retrouver ses repères culturels. Le jeu adopte une progression linéaire composée de missions successives. Chaque niveau introduit de nouveaux ennemis, obstacles ou variations de rythme. Cependant, il faut reconnaître que la structure reste très arcade :

  • Peu de narration développée

  • Histoire minimaliste

  • Accent mis sur l’action pure

Ce choix peut décevoir ceux qui espéraient une aventure scénarisée riche. Mais il reflète fidèlement la philosophie du jeu d’origine.

Conclusion

City Hunter Remastered réussit l’essentiel : préserver, rendre accessible, moderniser le confort sans trahir l’original. C’est une capsule temporelle soignée, imparfaite mais sincère. Pour certains, ce sera un voyage nostalgique. Pour d’autres, une découverte surprenante d’une époque où le gameplay primait sur tout le reste. Et au fond, c’est peut-être là sa plus grande qualité. 

 

Écrit par: Warmelin

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