Gaming

Underground Garage

today23/01/2026 26 10

Arrière-plan
share close

Jeu en accès anticipé

Sur le papier, Underground Garage a tout pour séduire les amoureux de culture auto. Un garage clandestin, des voitures à démonter pièce par pièce, du tuning à outrance et la possibilité d’aller tester ses créations lors de courses urbaines illégales. L’idée est simple, presque évidente : relier la simulation mécanique pure à l’adrénaline de la rue, là où beaucoup de jeux choisissent l’un ou l’autre. Développé par un petit studio indépendant et proposé en accès anticipé, le jeu affiche clairement ses ambitions. Trop clairement, peut-être. Car si Underground Garage pose des bases intéressantes, il révèle aussi très vite les limites d’un projet encore loin d’avoir trouvé son équilibre.

Le cœur du jeu : la mécanique avant tout

C’est dans le garage que Underground Garage donne le meilleur de lui-même. Ici, pas question d’un simple menu abstrait : chaque voiture est composée d’une multitude de pièces physiques, à installer, retirer ou remplacer manuellement. Moteur, transmission, suspensions, freins, fluides… tout y passe. Cette approche ravira les joueurs patients, ceux qui aiment comprendre comment une voiture fonctionne réellement. Chaque modification a un impact tangible sur les performances, et il est possible de passer de longues heures à optimiser un véhicule, parfois plus par passion que par nécessité ludique. Cependant, cette richesse a un revers : l’ergonomie n’est pas toujours à la hauteur. Certaines actions manquent de lisibilité, les manipulations deviennent vite répétitives, et la courbe d’apprentissage peut décourager les moins initiés. Le jeu n’explique pas toujours clairement ses systèmes, laissant parfois le joueur se débrouiller seul face à des mécaniques pourtant centrales.

Tuning et personnalisation : l’âme underground

Impossible de parler d’Underground Garage sans évoquer son aspect tuning. Peintures, jantes, stickers, néons, ajustements esthétiques… le jeu assume pleinement son amour pour la culture underground des années 2000. Loin du réalisme austère, il célèbre la voiture comme un objet de style autant que de performance. Sur ce point, le titre fait mouche. Personnaliser son bolide est gratifiant, et voir sa création évoluer visuellement au fil des heures renforce l’attachement du joueur à ses véhicules. On regrette néanmoins un nombre de modèles encore limité et une progression qui peine à renouveler l’intérêt sur la durée.

La route : le moment de vérité… et de faiblesse

Une fois les mains pleines de cambouis, place à la conduite. C’est là que Underground Garage montre ses failles les plus évidentes. Les courses se déroulent dans une ville ouverte de taille modeste, proposant différents défis : contre-la-montre, duels, exploration libre. Sur le principe, rien de choquant. Dans les faits, les sensations de conduite manquent de précision et de caractère. La physique paraît parfois flottante, peu cohérente, et les voitures donnent rarement le sentiment d’être vraiment maîtrisées. Le paradoxe est cruel : un jeu qui pousse autant le réalisme mécanique peine à transmettre cette profondeur une fois sur l’asphalte. Les courses deviennent vite répétitives, et l’excitation retombe rapidement faute de véritables enjeux ou d’un level design marquant.

Une ambiance réussie mais techniquement limitée

Visuellement, Underground Garage fait le travail sans briller. Les modèles de voitures sont corrects, les pièces suffisamment détaillées, et l’ambiance nocturne, renforcée par les éclairages urbains et les néons, fonctionne bien. Le garage, lieu central du jeu, bénéficie d’une atmosphère crédible et immersive. En revanche, on sent clairement les limites d’un projet indépendant : animations parfois rigides, ville peu vivante, environnement qui manque d’identité forte. Le jeu installe une ambiance, mais peine encore à raconter une histoire ou à proposer un monde réellement mémorable.

L’accès anticipé : excuse ou promesse ?

Comme beaucoup de productions en accès anticipé, Underground Garage avance avec une feuille de route ambitieuse. Plus de voitures, plus de contenu, des améliorations de la physique et une progression mieux structurée sont annoncées. Reste une question essentielle : le jeu saura-t-il transformer son potentiel en expérience aboutie ? À l’heure actuelle, le contenu proposé peut sembler limité pour les joueurs les plus exigeants. Le rythme des ajouts et des correctifs sera déterminant pour la survie du projet, car la patience de la communauté a ses limites, même face à une bonne idée de départ.

Conclusion

Underground Garage est un jeu profondément paradoxal. Excellent dans sa simulation mécanique, passionné dans son amour du tuning, il échoue encore à convaincre pleinement dès qu’il s’agit de conduite et de rythme de jeu. Trop technique pour les amateurs de jeux de course arcade, pas assez précis pour les puristes de la simulation, il se retrouve coincé entre deux publics. Cela reste néanmoins un titre à surveiller. Pour les passionnés d’automobile, ceux qui aiment démonter, optimiser et expérimenter, l’expérience peut déjà valoir le détour. Pour les autres, mieux vaut sans doute attendre que le jeu quitte définitivement le garage… et prenne enfin la route dans de bonnes conditions.

Écrit par: Warmelin

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse